Méthodes de fixation des prix au restaurant : formules, stratégies et remises qui protègent votre marge
Ratio coût matière, coefficient multiplicateur, marge et marge sur coût variable expliqués avec des exemples en euros — ainsi que la tarification par les coûts, par le marché et par la valeur, l’ingénierie des menus, la psychologie des prix, le calcul du point mort d’une remise et les règles de l’UE sur l’affichage des prix.

Ce que sont les méthodes de fixation des prix et pourquoi elles comptent davantage depuis 2022
Sur une terrasse au bord du port, un client voit le prix à côté du risotto. Il ne voit jamais le calcul qui se cache derrière : ce que coûte l’assiette, ce que pratiquent les établissements comparables du quartier et ce que les clients estiment que le plat vaut.
Les méthodes de fixation des prix sont autant de façons de pondérer ces trois éléments. Certaines partent du coût et ajoutent une marge, souvent sous forme d’un ratio coût matière cible. D’autres partent du marché. La tarification par la valeur fait payer l’expérience qu’offre un plat, pas ses ingrédients.
Pendant des années, beaucoup d’établissements augmentaient leurs prix une fois par an, par habitude. La vague d’inflation de 2022 a mis fin à cette routine. Selon Eurostat, l’inflation annuelle IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé) dans l’UE a culminé à 9,2 % en 2022 avant de retomber à 2,5 % en 2025. Une inflation plus lente ne signifie pas des prix plus bas : les coûts se sont stabilisés à un niveau plus élevé et y sont restés.
D’après Eurostat, les prix de l’alimentation et des boissons non alcoolisées dans l’UE ont augmenté de 33,2 % entre 2016 et 2025, la plus forte hausse de toutes les grandes rubriques de l’IPCH. Les prix des services de restauration et d’hébergement, indicateur simple de l’inflation IPCH dans les restaurants et cafés, ont progressé de 28,3 %. La cuisine a donc renchéri plus vite que la table. Pour beaucoup d’établissements, cet écart a réduit la marge.
9,2 %
Inflation annuelle IPCH dans l’UE à son pic de 2022
Eurostat
2,5 %
Inflation annuelle IPCH dans l’UE en 2025
Eurostat
33,2 %
Hausse des prix de l’alimentation et des boissons non alcoolisées dans l’UE, 2016–2025
Eurostat
28,3 %
Hausse des prix des services de restauration et d’hébergement dans l’UE, 2016–2025
Eurostat
C’est pour cela que la méthode compte. Des prix fixés délibérément et revus souvent absorbent les variations de coûts. Si vous tarifez à l’instinct, vous ne voyez le problème qu’en fin de mois.
Cet article couvre les formules, les principales méthodes, la psychologie des prix, les remises et les règles européennes sur les prix. Nous commencerions par une étape simple : cette semaine, vérifiez vos cinq meilleures ventes face au coût actuel des ingrédients.
Les formules de base : ratio coût matière, coefficient et marge brute
Demandez à trois restaurateurs combien « rapporte » un plat, et vous obtiendrez peut-être trois réponses. Toutes les méthodes présentées ici reposent sur quatre calculs simples. Les ennuis commencent quand on les confond, ou qu’on saute l’établissement des fiches techniques (le calcul du coût de chaque assiette).
Ratio coût matière par plat
Pesez chaque ingrédient d’une portion et valorisez-le au prix payé à votre fournisseur. Le total, c’est le coût de l’assiette. Comme l’explique l’école culinaire Escoffier, le ratio coût matière est ce coût des ingrédients divisé par le prix de vente, multiplié par 100.
Exemple illustratif : un risotto dont l’assiette coûte 4,20 € est vendu 14 €. Son ratio coût matière est de 4,20 ÷ 14 × 100 = 30 %. Les guides du secteur citent souvent une fourchette typique de 28–35 %. Escoffier note que de nombreux établissements visent 30 % ou moins. Considérez ces chiffres comme des repères empiriques, pas comme des références.
Le point essentiel : ce chiffre n’est fiable que si vos portions sont maîtrisées. Si la cuisine dresse 180 g de riz alors que la fiche technique en prévoit 150 g, le coût matière réel dépasse celui sur le papier.
Ratio coût matière pour toute la carte
Les chiffres par plat montrent ce qui devrait se passer. Le coût matière calculé à partir de l’inventaire montre ce qui s’est réellement passé, pertes et portions trop généreuses comprises. Escoffier donne la formule suivante : (stock initial + achats − stock final) ÷ ventes alimentaires × 100.
Exemple illustratif : un café commence le mois avec 8 000 € de stock. Il achète pour 22 000 € et termine avec 7 000 € en réserve. Il a donc consommé 23 000 € de marchandises pour 70 000 € de ventes alimentaires. Son coût matière est de 23 000 ÷ 70 000 × 100 ≈ 32,9 %. Si ses fiches techniques donnent 30 % en moyenne, près de trois points se perdent entre la livraison et l’assiette.
Coefficient ou marge : la différence que beaucoup confondent
Le taux de marque sur coût (markup) mesure le bénéfice par rapport au coût. La marge brute le mesure par rapport au prix de vente : (prix de vente − coût des marchandises vendues) ÷ prix de vente × 100. Mêmes euros, pourcentages très différents.
| Indicateur | Formule | Risotto : coût de l’assiette 4,20 €, prix 14 € |
|---|---|---|
| Ratio coût matière | coût ÷ prix × 100 | 30 % |
| Taux de marque sur coût | (prix − coût) ÷ coût × 100 | 233 % |
| Marge brute | (prix − coût) ÷ prix × 100 | 70 % |
| Marge sur coût variable | prix − coût | 9,80 € |
Un restaurateur qui dit « je veux 70 % de majoration » alors qu’il pense à une marge de 70 % fixera des prix bien trop bas. Une majoration de 70 % sur 4,20 € donne 7,14 €, soit la moitié de 14 €.
La marge brute n’est pas ce qui vous reste. Le bénéfice net, c’est la marge brute moins les frais de personnel et les charges d’exploitation, comme le loyer et l’énergie.
Marge sur coût variable : le chiffre sur lequel repose l’ingénierie des menus
La marge sur coût variable, c’est simplement le nombre d’euros qu’un plat vous laisse après le coût matière : prix de vente moins coût matière du plat. Chaque vente apporte ce montant aux salaires, au loyer et au bénéfice.
Exemple illustratif : un plat de pâtes coûte 3 € à produire et se vend 12 €. Cela fait 25 % de coût matière et 9 € de marge. Un steak coûte 11 € et se vend 28 €. Son ratio coût matière est de 39,3 %, ce qui paraît moins bon. Pourtant, chaque steak rapporte 17 €. C’est pourquoi l’ingénierie des menus classe les plats selon leur marge sur coût variable.
Nous vous conseillons de suivre les deux chiffres pour chaque plat. Le ratio coût matière sert à repérer les problèmes en cuisine. La marge sur coût variable sert à décider quels plats mettre en avant.
Méthodes fondées sur les coûts : coût majoré et ratio coût matière cible
Avant de parler de prix, quelqu’un doit savoir ce que coûte une assiette. C’est donc par là que commencent la plupart des établissements. Il existe deux façons courantes de procéder.
Avec la tarification au coût majoré, vous appliquez une majoration fixe au coût des ingrédients. Exemple illustratif : 5 € de coût matière avec une majoration de 300 % donnent un prix de 20 €, car le prix vaut quatre fois le coût. La tarification par ratio coût matière cible fonctionne dans l’autre sens. Vous divisez le coût brut par la part du prix que doit représenter la matière. Exemple illustratif : un plat à 4 € avec une cible de 28 % se vend environ 14,29 € (4 ÷ 0,28). Les guides de tarification situent souvent un ratio coût matière sain autour de 28–35 % du prix de vente. Voyez-y une fourchette de départ, pas une référence.
Exemple chiffré : fixer le prix d’un plat de pâtes en euros
Exemple illustratif. Une trattoria calcule le coût de ses tagliatelles al ragù :
| Ingrédient | Coût par portion |
|---|---|
| Pâtes fraîches, 120 g | 0,90 € |
| Ragù, 150 g | 2,20 € |
| Parmesan, 15 g | 0,50 € |
| Huile, beurre, herbes | 0,30 € |
| Coût total de l’assiette | 3,90 € |
Avec une cible de 30 %, le prix est de 3,90 € ÷ 0,30 = 13,00 €. Le coût majoré de 250 % donne 3,90 € × 3,5 = 13,65 €. Les deux ne fonctionnent qu’avec une maîtrise stricte des portions. Servez 180 g de ragù au lieu de 150 g, et le coût augmente tandis que le prix reste le même.
Scénario typique
Un fournisseur augmente le prix du bœuf, et le coût de l’assiette passe de 3,90 € à 4,40 €. À 13,00 €, le ratio coût matière grimpe à 33,8 % (4,40 € ÷ 13,00 €). Revenir à 30 % imposerait un prix de 14,67 € (4,40 € ÷ 0,30). Les cuisines qui ne recalculent pas régulièrement leurs coûts ne remarquent généralement ces hausses de prix fournisseurs qu’à l’arrivée des chiffres mensuels.
Les limites de la tarification par les coûts
Une formule fondée uniquement sur les ingrédients ignore l’essentiel de ce que coûte l’exploitation d’un restaurant. Un coût matière de 30 % ne dit rien des frais généraux et de personnel. Un plat mijoté qui occupe un cuisinier tout l’après-midi peut atteindre sa cible et perdre quand même de l’argent.
Les méthodes fondées sur les coûts ignorent aussi le client. Elles ne vous disent pas si 13,65 € est bon marché ou cher dans votre rue, ni si le plat se vend.
Notre conseil : utilisez la tarification par les coûts comme plancher, pas comme prix final. Recalculez vos meilleures ventes dès qu’une facture fournisseur change. Les méthodes fondées sur le marché répondent au reste.
Méthodes fondées sur le marché : prix concurrentiels, valeur perçue, prix premium et prix selon la demande
Un prix fondé sur les coûts vous indique le minimum que vous pouvez facturer. Il ne dit rien de ce que le client acceptera de payer. Les méthodes fondées sur le marché partent de la rue, de la concurrence et du moment de l’achat.
Prix alignés sur la concurrence
La tarification concurrentielle consiste à fixer vos prix par rapport à des établissements comparables à proximité, puis à vous placer légèrement en dessous, au même niveau ou au-dessus. Photographiez cinq cartes du quartier et notez le prix d’une margherita et d’un flat white.
Exemple illustratif : si la plupart des voisins demandent 12–14 € pour une pizza, une margherita à 19 € a besoin d’une raison visible. Le danger est de recopier des chiffres sans vérifier vos propres coûts. Un concurrent au loyer plus bas peut survivre avec des marges qui ne couvriraient pas vos coûts.
Tarification par la valeur et prix premium
La tarification par la valeur fixe le prix selon la valeur perçue : ce que le plat vaut pour le client, pas ce qu’il vous coûte. L’origine des ingrédients, une technique signature ou une terrasse avec vue sur la mer l’augmentent.
La tarification premium place délibérément un établissement ou un plat en haut de la fourchette de prix locale. Le prix élevé est lui-même un signal de qualité.
Exemple illustratif : une joue de bœuf braisée coûte 5,40 € en ingrédients. Avec un ratio coût matière cible de 30 %, elle se vendrait 18 € (5,40 ÷ 0,30). Les concurrents locaux demandent 22 € pour des plats mijotés comparables. Les clients la considèrent comme un plat signature, alors le propriétaire la fixe à 24 €. Le coût matière tombe à 22,5 % (5,40 ÷ 24). Chaque assiette rapporte désormais 18,60 € de marge (24 − 5,40) au lieu de 12,60 € (18 − 5,40). Même plat, 6 € de plus.
Prix selon la demande et selon l’horaire
La tarification selon la demande lie le prix au besoin qu’ont les clients de vous à un instant donné. Elle est surtout répandue dans les aéroports, les stades et d’autres lieux où les clients ont peu d’alternatives.
Dans les établissements ordinaires de centre-ville, la version douce est la tarification horaire : une formule du midi ou un prix de brunch le week-end. La tarification dynamique, où les prix changent automatiquement selon la demande, suscite de plus en plus d’intérêt. Une enquête sectorielle souvent citée suggère qu’environ six adultes sur dix y sont ouverts, les plus jeunes davantage que les plus âgés. Elle indique aussi qu’environ un tiers des exploitants prévoient d’y investir. Considérez ces chiffres comme des indications approximatives, pas comme des données établies.
Prix de lancement des nouveaux plats
Un nouveau plat ou un nouvel établissement a besoin de l’une de deux stratégies. L’écrémage commence haut pour attirer les premiers clients curieux, puis baisse le prix. La pénétration commence bas pour faire essayer et fidéliser, puis augmente.
Écrémage
- Commence haut, baisse ensuite
- Convient aux nouveautés et plats en édition limitée
- Protège la marge dès le premier jour
- Risque : démarrage lent
Pénétration
- Commence bas, augmente ensuite
- Convient aux classiques du quotidien et aux nouveaux établissements
- Construit d’abord le volume et les visites répétées
- Risque : les clients rejettent la hausse ultérieure
Nous choisirions l’écrémage pour une suggestion de saison. Pour un plat permanent, gardez une remise de lancement modeste afin que les habitués acceptent la hausse ultérieure.
Les prix du marché vous disent ce que les clients acceptent. L’ingénierie des menus montre quels plats rapportent le plus.
Ingénierie des menus : fixer les prix selon la marge et la popularité
Exemple illustratif : un burger à 10 € avec 3 € de coût matière (30 %) semble meilleur qu’un magret de canard à 24 € avec 9 € de coût matière (37,5 %). Comptez ensuite les euros que chaque assiette laisse : 7 € pour le burger et 15 € pour le canard. Le ratio coût matière ne peut pas vous dire quels plats paient réellement le loyer.
Ce changement de regard est au cœur de l’ingénierie des menus. Michael L. Kasavana et Donald I. Smith ont présenté la méthode en 1982. Elle évalue chaque plat sur deux axes : sa fréquence de vente et la marge sur coût variable qu’il génère.
Les volumes de vente viennent de votre caisse, les coûts de vos fiches techniques. Comparez chaque plat à la moyenne de la carte sur ces deux critères. C’est une simplification de la méthode d’origine, mais elle suffit pour commencer.
Exemple illustratif
| Plat | Prix | Coût matière | Marge sur coût variable | Vendus (4 semaines) | Quadrant |
|---|---|---|---|---|---|
| Bar grillé | 26,00 € | 9,50 € | 16,50 € | 80 | Étoile |
| Pizza margherita | 12,00 € | 3,00 € | 9,00 € | 140 | Cheval de labour |
| Souris d’agneau braisée | 28,00 € | 10,00 € | 18,00 € | 30 | Énigme |
| Tarte aux légumes | 14,00 € | 6,50 € | 7,50 € | 25 | Poids mort |
Ici, la marge moyenne est de 12,75 € et les ventes moyennes de 68,75 portions. La position d’un plat par rapport à ces deux lignes détermine votre décision de prix.
Les quatre quadrants et la décision de prix pour chacun
- Les Étoiles sont populaires et rentables, comme le bar. Elles supportent généralement une petite hausse de prix, car la demande est déjà prouvée.
- Les Chevaux de labour se vendent bien mais rapportent peu par assiette. Plutôt qu’une forte hausse, réduisez les garnitures coûteuses, ajustez la portion ou augmentez par paliers de 0,50 €.
- Les Énigmes rapportent bien mais se vendent lentement. Renommez-les, réécrivez la description ou demandez à l’équipe de les recommander. Ou testez un prix légèrement plus bas pour savoir si c’est le prix qui les freine.
- Les Poids morts sont candidats au retrait. N’en gardez un que s’il remplit un rôle clair, par exemple le seul plat principal végan de la carte.
Ce que disent les études sur les « zones chaudes » du menu
Beaucoup de guides conseillent de placer les Étoiles et les Énigmes dans le « triangle d’or », là où l’œil se poserait en premier. Mais selon la synthèse des recherches de Wikipédia, il existe peu de preuves réelles que ces zones fonctionnent.
Nous vous suggérons de traiter la mise en page comme une hypothèse à tester sur vos propres ventes, pas comme un moyen sûr de les augmenter. Déplacez une Énigme, ne changez rien d’autre et comparez ses ventes avant et après.
Psychologie des prix : symbole monétaire, prix psychologiques, ancrage et leurres
Une fois les chiffres au point, regardez comment les prix se présentent sur la carte. La psychologie des prix regroupe de petits choix de présentation (symboles, terminaisons, emplacement) qui changent la perception du prix d’un plat.
Supprimer le symbole de l’euro
La preuve la plus citée provient d’une étude de l’université Cornell et du Culinary Institute of America menée auprès de 201 clients. Ceux qui commandaient sur une carte sans symbole monétaire dépensaient en moyenne environ 8 % de plus, soit 5,55 $, que ceux dont la carte affichait les prix avec le signe dollar. Sheryl Kimes, de Cornell, l’une des chercheuses, relie cet effet à la « douleur de payer ».
Les prix écrits en toutes lettres (« vingt-quatre ») ne faisaient pas mieux que les chiffres avec symbole. L’omission du symbole fonctionne donc mieux avec des chiffres simples : « 24 » plutôt que « 24,00 € » ou « vingt-quatre euros ». Quel que soit le format choisi, le chiffre doit rester le prix final payé par le client (voir les règles de l’UE ci-dessous).
Prix psychologiques ou prix ronds
Les prix psychologiques utilisent des terminaisons comme ,99 ou ,95 pour qu’un prix paraisse plus bas. Le client lit 12,95 € comme « douze et quelques », pas « treize ». Ils conviennent aux cafés, aux comptoirs à emporter et aux cartes axées sur le prix, où les clients comparent. Les restaurants haut de gamme et les restaurants d’hôtel préfèrent généralement des chiffres ronds comme 28 €, qui signalent l’assurance plutôt que la bonne affaire.
À notre avis, la cohérence compte plus que le style lui-même : choisissez-en un et tenez-vous-y. Une carte qui mélange 9,95 €, 14 € et 17,50 € paraît improvisée.
Ancrage et leurres
Le prix d’ancrage place un article cher, comme un plateau à partager ou une viande premium, en haut d’une catégorie pour que tout ce qui suit paraisse raisonnable. Le prix leurre va plus loin : avec un ancrage bas et un ancrage haut de part et d’autre, l’option intermédiaire apparaît comme le choix raisonnable.
Combinez cela avec l’ingénierie des menus. Le leurre doit se trouver à côté du plat qui a la meilleure marge, pas à côté d’un plat au hasard.
« Le plat que vous voulez le plus vendre a rarement besoin d’être le plus cher ; il doit être placé à côté du plus cher. »
Exemple illustratif : un bar à vin propose trois rouges au verre à 6 €, 9 € et 16 € (TVA ignorée par souci de simplicité). Le verre à 16 € se vend rarement, mais il rend le 9 € raisonnable. Le vin à 9 € coûte 2,70 € le verre, soit 30 % de coût, et laisse 6,30 €. Le verre à 6 € coûte 2,40 €, soit 40 %, et laisse 3,60 €. La différence est de 2,70 € par verre. Supposons que l’ancrage fasse passer dix commandes par soir du verre le moins cher à celui du milieu : la marge totale augmente de 27 € par soir (10 × 2,70 €), sans aucun changement de prix.
Commencez par une catégorie : trouvez le plat à la meilleure marge et placez une option plus chère à côté.
Remises et promotions sans éroder la marge
Un mardi calme, la moitié des tables est vide. Une promotion peut les remplir, mais elle peut aussi vous faire perdre discrètement votre marge. Les remises fonctionnent quand vous savez à l’avance combien de couverts supplémentaires l’offre doit attirer.
Types de promotions : happy hour, offres groupées, formules, offres à durée limitée
Un happy hour baisse le prix des boissons ou des en-cas pendant une plage horaire fixe, généralement les heures creuses avant le dîner. L’offre groupée réunit plusieurs articles pour moins cher que s’ils étaient achetés séparément, comme un burger avec frites et boisson. Une formule est une offre groupée en plusieurs plats, souvent au déjeuner. Une offre à durée limitée met à la carte un plat de saison ou un prix réduit pendant une période donnée.
Les offres groupées et les formules protègent généralement mieux la marge que les remises forfaitaires. Vous pouvez associer un article à forte marge, comme une boisson sans alcool ou un dessert, à un article dont la marge est plus faible.
Comment calculer la hausse de ventes nécessaire pour qu’une remise soit rentable
Le chiffre à protéger est la marge sur coût variable, et une remise s’en déduit directement. Combien devez-vous vendre en plus pour gagner le même total ?
Exemple illustratif ; prix hors TVA.
- Calculez la marge actuelle : 12,00 € de prix − 3,60 € de coût matière = 8,40 €.
- Appliquez la remise : une baisse de 20 % ramène le prix à 9,60 €, la nouvelle marge est donc de 9,60 € − 3,60 € = 6,00 €.
- Divisez l’ancienne marge par la nouvelle : 8,40 € ÷ 6,00 € = 1,4.
- Lisez le résultat : il vous faut 40 % de ventes en plus de ce plat simplement pour atteindre le point mort (par exemple 70 portions par semaine au lieu de 50).
Cela fait beaucoup d’assiettes en plus. Plus le ratio coût matière d’un plat est bas, plus la hausse nécessaire est faible : les plats à forte marge sont donc plus sûrs à promouvoir.
Appliquer des remises par plat sur un menu digital
Sur une carte imprimée, une promotion implique une réimpression ou un encart agrafé. Dans un menu QR comme Platoo, vous pouvez appliquer une remise à un plat précis, et les clients voient le prix réduit juste à côté. Vous pouvez aussi modifier les prix de toute la carte en quelques clics. Exemple illustratif : vous réduisez deux entrées pour un happy hour en semaine, puis rétablissez les prix habituels. Les clients voient la mise à jour immédiatement, sans rien réimprimer.
Annoncer un prix barré : ce que couvre la règle des 30 jours
Si vous affichez un prix barré, le droit de l’UE peut déterminer quel chiffre y figure. Depuis la directive Omnibus, une réduction annoncée sur des biens doit être calculée à partir du prix le plus bas des 30 jours précédents, et non du prix le plus élevé que vous ayez jamais pratiqué.
Cela s’applique-t-il à un plat servi à table ou à un happy hour ? La réponse est moins simple que beaucoup de restaurateurs ne le pensent. Avant d’afficher un prix barré, vérifiez votre prix le plus bas sur 30 jours. La section suivante explique où la règle s’applique et où elle ne s’applique pas.
Règles de l’UE pour l’affichage des prix sur la carte
Toutes les méthodes vues jusqu’ici aboutissent à un chiffre sur la carte. Le droit européen de la consommation s’intéresse moins à ce que vous facturez qu’à la confiance que le client peut accorder à ce chiffre.
Prix finaux clairs et règles nationales sur le couvert et le service
Selon la Commission européenne, la directive 98/6/CE relative à l’indication des prix exige des prix non équivoques, facilement identifiables et aisément lisibles. Mais cette directive porte sur les produits (biens), pas sur les services ; ce n’est donc pas la règle principale pour les prix d’une carte. Pour les restaurants, l’obligation d’afficher le prix final découle de la directive 2005/29/CE sur les pratiques commerciales déloyales. Lors d’une invitation à l’achat, son article 7, paragraphe 4, point c), considère le prix toutes taxes comprises comme une information substantielle. Les règles nationales d’affichage des prix s’y ajoutent et s’appliquent souvent directement aux restaurants, par exemple l’affichage de la carte à l’entrée ou les règles sur le couvert (somme fixe par convive pour le pain et la mise en place) et le service. En pratique, le chiffre de la carte doit être le montant TTC que paie le client.
Le couvert, le pain facturé et les pourcentages de service automatiques relèvent des règles nationales : une ligne normale dans un État membre peut être jugée trompeuse dans un autre. Nous vous conseillons de vérifier les règles locales avant de facturer quoi que ce soit qui ne figure pas sur la carte.
Les remises obéissent à leur propre règle. La directive Omnibus (UE) 2019/2161 a ajouté l’article 6 bis à la directive 98/6/CE. En vertu de cette règle des 30 jours, toute annonce de réduction de prix doit indiquer le prix le plus bas pratiqué au cours d’une période d’au moins 30 jours avant la réduction.
Le 26 septembre 2024, la CJUE a ajouté une précision : la réduction annoncée elle-même, par exemple « −20 % », doit être calculée à partir de ce prix le plus bas sur 30 jours.
Les orientations de la Commission européenne en limitent la portée :
- Elle couvre les biens, pas les services.
- Les États membres peuvent prévoir des règles différentes pour les biens susceptibles de se détériorer ou de se périmer rapidement (article 6 bis, paragraphe 3).
- Elle ne s’applique pas aux programmes de fidélité ni aux réductions réellement personnalisées.
- Dans une campagne où la remise augmente progressivement, la référence reste le prix d’avant la première baisse.
Un repas servi à table est-il un service ? Demandez conseil localement.
Exemple illustratif : un bistrot affiche habituellement un burger à 16,00 €. Pendant une semaine au cours des 30 derniers jours, il l’a vendu 15,00 €. Là où la règle s’applique, une promotion à 14,00 € doit être présentée face à 15,00 €. Cela représente une économie de 1,00 €, et non de 2,00 € par rapport à 16,00 €.
| Règle | Source | Ce que cela implique pour la carte |
|---|---|---|
| Prix final TTC | Directive 2005/29/CE, art. 7, § 4, point c) + règles nationales | Un seul montant TTC par article |
| Prix antérieur en cas de réduction | Article 6 bis, ajouté par la directive (UE) 2019/2161 | Indiquer le prix le plus bas des 30 derniers jours |
| Information sur les allergènes | Règlement (UE) n° 1169/2011 | Allergènes disponibles pour chaque plat |
L’information sur les allergènes à côté du prix
Depuis le 13 décembre 2014, le règlement (UE) n° 1169/2011 impose l’information sur les allergènes pour les denrées non préemballées. La Commission européenne confirme que cela inclut les plats servis au restaurant. L’annexe II liste les substances concernées ; dans le secteur, on parle généralement des 14 allergènes majeurs.
Imaginons que vous remplaciez un ingrédient pour protéger la marge d’un plat. La mention des allergènes doit alors changer avec la recette. Notre conseil : traitez chaque changement de recette comme deux mises à jour, le prix et les allergènes.
Fixer les prix dans les zones touristiques et en restauration hôtelière, et à quelle fréquence les revoir
Imaginez une terrasse sur le port ou le bar d’un hall d’hôtel. Selon UN Tourism, l’Europe a accueilli 793 millions d’arrivées internationales en 2025, soit 4 % de plus sur un an et 6 % au-dessus de 2019, sur 1,52 milliard dans le monde. Dans ces établissements, la clientèle change chaque semaine et vous compare rarement à l’adresse à l’autre bout de la ville.
793 millions
Arrivées internationales en Europe, 2025
UN Tourism
40 %
Consommateurs qui n’achètent jamais sur des sites dans une autre langue
CSA Research
76 %
Consommateurs qui préfèrent les informations dans leur propre langue
CSA Research
Tarification saisonnière et liée à la demande touristique
Ici, la tarification par la valeur l’emporte généralement sur le simple coût majoré. La vue sur la mer ou la cuisine ouverte tard font partie de ce que paie le client. La tarification saisonnière est une alternative plus simple et planifiée à la tarification dynamique : vous fixez à l’avance des grilles de prix pour la haute et la basse saison. Dans les deux cas, considérez le ratio coût matière comme un plafond.
La langue compte aussi. L’enquête 2020 de CSA Research auprès de 8 709 consommateurs dans 29 pays montre que 76 % préfèrent acheter avec des informations dans leur propre langue. Et 40 % n’achètent jamais sur des sites dans une autre langue. Si un client ne peut pas lire un prix dans son contexte, il lui est difficile de le juger équitable.
Une routine de révision trimestrielle des prix
Les chiffres d’Eurostat ci-dessus montrent que les coûts n’attendent pas votre réimpression annuelle. Notre conseil : chaque trimestre, recalculez le coût de vos plats à partir des factures actuelles. Repérez ceux qui dépassent votre ratio coût matière cible. Comparez ensuite votre hausse moyenne au dernier chiffre de l’IPCH pour les restaurants et cafés.
Exemple illustratif : un plat coûte 4,20 € et se vend 14 €. Cela fait un coût matière de 30 % (4,20 ÷ 14 = 0,30). Les ingrédients passent à 4,90 €. Le coût matière atteint 35 % (4,90 ÷ 14 = 0,35). Pour revenir à 30 %, il faut 16,33 € (4,90 ÷ 0,30). Sur la carte, cela devient 16,50 €.
Avec un menu digital comme Platoo, vous saisissez les nouveaux prix en quelques clics. Ils apparaissent immédiatement dans toutes les versions linguistiques de la carte, sans réimpression.
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FAQ : fixer les prix de la carte d’un restaurant
Une règle empirique courante dans le secteur situe le ratio coût matière autour de 28–35 % du prix de vente. C’est un point de départ, pas un objectif fixe. Un steakhouse aux protéines coûteuses peut être au-dessus, une pizzeria ou un bar à café en dessous. L’essentiel est de dégager assez de marge pour le personnel, le loyer et le bénéfice.
Divisez le coût de l’assiette par votre ratio coût matière cible. Le coût de l’assiette inclut la garniture et une marge pour les pertes. Exemple illustratif : un plat de pâtes coûte 3,50 € et votre cible est de 30 %. Donc 3,50 € ÷ 0,30 = 11,67 €. Arrondissez à un prix de carte comme 11,50 € ou 11,90 €. Comparez-le ensuite aux prix des concurrents proches.
La règle du coefficient 3 multiplie le coût des ingrédients par trois pour fixer le prix, ce qui correspond à une majoration de 200 %. Le ratio coût matière est alors d’environ 33 %. Exemple illustratif : un plat coûte 4,00 €, il se vend donc 12,00 €. Vérification : 4,00 € ÷ 12,00 € = 33,3 %. C’est un contrôle rapide. Mais une majoration uniforme ignore les plats exigeants en main-d’œuvre et la demande locale.
Beaucoup d’établissements le suppriment. Dans une étude de Cornell et du Culinary Institute of America menée auprès de 201 clients, ceux qui avaient une carte sans symbole monétaire dépensaient environ 8 % de plus que ceux dont la carte affichait le signe dollar. Associez ce changement à des chiffres nets et cohérents, adaptés au style de votre établissement.
Liez les changements de prix aux données de coûts, pas au calendrier. Une bonne habitude consiste à revoir le coût des assiettes dès qu’un fournisseur clé augmente ses tarifs, et à faire un contrôle complet plusieurs fois par an. Les habitués acceptent généralement mieux de petits ajustements bien placés qu’une forte hausse d’un coup. Et avec un menu digital, vous mettez les prix à jour sans rien réimprimer.
Souvent non, mais cela dépend du droit national. L’article 6 bis de la directive 98/6/CE, ajouté par la directive (UE) 2019/2161, impose que toute réduction annoncée indique le prix le plus bas pratiqué pendant au moins les 30 jours précédents. Selon les orientations de la Commission européenne, la règle vise les biens, si bien qu’un happy hour en restaurant en sort souvent. Vérifiez vos règles locales et n’affichez jamais un prix de référence gonflé.
Sources: Eurostat — Prix à la consommation : inflation (IPCH), Statistics Explained · Escoffier — How to Price a Menu to Improve Profitability for Your Restaurant · Cornell Chronicle — Beware of menus that don’t use dollar signs · Wikipedia — Menu engineering · Commission européenne — Directive relative à l’indication des prix (98/6/CE) · EUR-Lex — Orientations de la Commission sur l’article 6 bis de la directive 98/6/CE (2021/C 526/02) · EUR-Lex — Directive 2005/29/CE relative aux pratiques commerciales déloyales · Baker McKenzie Global Litigation News — CJEU confirms that a price reduction must be calculated based on the lowest price in the last 30 days · Commission européenne — Informations obligatoires sur les denrées alimentaires (règlement (UE) n° 1169/2011) · CSA Research — Survey of 8,709 consumers in 29 countries finds that 76% prefer purchasing products with information in their own language · UN Tourism — Baromètre du tourisme mondial, janvier 2026